Première rentrée

ratée pour Chatel !

Il ne manque pas d’air, Monsieur Chatel ! Il cumule les fonctions de porte-parole du gouvernement et de ministre de l’éducation. Manifestement, l’éducation passe après la communication. Ainsi a-t-il été la cible du volatile qui se déchaîne chaque semaine : durant les vacances scolaires, le canard enchaîné nous a appris que M. Chatel avait commandé un sondage pour savoir quels étaient les ministres de l’éducation qui avaient été les plus appréciés des enseignants et des parents. Plan com. et plan de carrière, l’éducation n’est qu’un marche-pied.

Comme il veut faire parler de lui, M. Chatel intervient à  tout va, et pas toujours avec bonheur. Premier exemple : le risque de pandémie grippale. Il annonce qu’à 3 élèves malades on ferme les classes, mais que l’année scolaire sera complète pour tous, et que les cours seront assurés grâce aux chaînes de télévision… Bref, il occupe le devant des médias, et reçoit une volée de bois vert de la part des syndicats de l’éducation (enseignants mais aussi chefs d’établissement) et des associations de parents d’élèves, qui s’interrogent sur l’efficacité et la faisabilité des mesures annoncées. Tout à son plan com., M.Chatel pérore, il oublie la concertation avec ses partenaires. Pendant ce temps, son prédécesseur, devenu ministre du travail, donne, sans faire de publicité, des consignes pour que les entreprises puissent facilement déroger au code du travail en cas de pandémie. Darcos sait, lui qu’une mauvaise politique n’est pas populaire. 

M. Chatel avait trouvé une autre occasion de parader devant les medias avant la rentrée : le prix des fournitures scolaires. Il s’est donc rendu dans un hypermarché pour constater en personne, et en présence de journalistes triés sur le volet, une baisse des prix, et annoncer que l’allocation de rentrée scolaire serait versée plus tôt cette année. Oh, surprise, les journalistes ont pu rencontrer des mères de famille qui faisaient leurs courses, et qui disaient leur satisfaction devant la baisse des prix ! Quelques journalistes plus consciencieux trouvèrent curieux que ces dames sortent du magasin, après le reportage, sans faire le moindre achat. Apres enquête, l’une d’elle s’avère être conseillère municipale UMP, d’autres sympathisantes de ladite organisation. Bien sur, le ministre dit n’être au courant de rien, et la direction  de la chaîne d’hyper, s’excuse pour cette initiative malheureuse d’un lampiste. Renvoi d’ascenseur ? En tout cas, le jeune loup utilise de vieilles méthodes. 

M. Chatel avait une occasion en or pour communiquer : la traditionnelle conférence de rentrée du ministre de l’éducation. Ah, s’il avait annoncé quelques véritables mesures de rupture, par exemple le gel des 13500 suppressions de postes déjà annoncées, le rétablissement des réseaux d’aides aux élèves en difficultés, et la mise en place de véritables discussions sur les nécessaires reformes du système éducatif ! Il aurait pu aller jusqu’à annoncer que l’état se refusait à poursuivre les syndicalistes qui protègent les enfants sans papier, ou renonce à son appel de la décision du Tribunal Administratif qui retoque les retenues opérées sur le salaire d’un  enseignant désobéisseur. Quel buz, que de passages en boucle, quels titres partout, et surtout quelle popularité. Voilà un plan com qui aurait été réussi ! Raté : la conférence du ministre de l’éducation a été terne, sans scoop, M. Chatel s’est contenté de se retrouver droit dans les bottes de M. Darcos. Mauvais pour son plan de carrière.